Malus écologique sur voiture d'occasion en 2026 : qui paye et combien ?
Tout le monde en parle, mais rares sont ceux qui ont réellement lu la loi. La taxe sur la revente des voitures d'occasion fait beaucoup de bruit. La réalité est beaucoup plus nuancée que les rumeurs : dans l'immense majorité des cas, une voiture d'occasion française ne subira aucun nouveau malus à la revente en 2026.
Publié le par la rédaction SME. Barèmes vérifiés sur Légifrance et service-public.gouv.fr.

Les réseaux sociaux relaient chaque semaine de nouvelles rumeurs sur une prétendue pénalité automatique à chaque changement de carte grise. Le dispositif réel concerne en fait des situations très particulières. En 2026, seuls les véhicules importés et les véhicules transformés sont concernés. La revente des véhicules immatriculés sans malus ne sera taxée qu'à partir du 1er janvier 2027. Le détail de chaque cas repose sur des textes précis et vérifiables : Service-public.fr, Légifrance, code des impositions sur les biens et services.
Cet article démonte point par point les affirmations virales et vous permet de comprendre, exemples concrets à l'appui (Peugeot 308, BMW 320d, Renault Espace, Audi A6), qui paie quoi, comment et dans quelles conditions.
1. Ce que disent les lois de finances 2025 et 2026 (et ce qu'elles ne disent pas)
La loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (article 29 de la loi de finances pour 2025) prévoyait d'étendre le malus des voitures d'occasion au 1er janvier 2026. Étaient visés les véhicules immatriculés en France sans malus, ou avec un malus nul, au titre d'une exonération, puis revendus à une personne qui n'y a pas droit.
Cette extension n'est pas entrée en vigueur à la date prévue. Le 24 décembre 2025, l'administration fiscale a admis que l'ancienne rédaction de l'article L. 421-36 du CIBS continuait à s'appliquer après le 1er janvier 2026 (BOI-RES-AIS-000239). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 58) a ensuite fixé son entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
En 2026, une occasion déjà immatriculée en France n'est donc taxée que dans deux cas : sa transformation technique en véhicule de tourisme, par exemple un utilitaire devenu voiture particulière, ou la perte de son accessibilité en fauteuil roulant quand elle avait été exonérée à ce titre. Le texte ne crée ni taxe sur chaque revente, ni taxe annuelle.
2. Quelles voitures d'occasion sont VRAIMENT concernées
Selon les textes publiés sur Légifrance et Service-public.fr, le dispositif ne concerne qu'un nombre restreint d'occasions, déterminées par leur historique d'immatriculation ou d'exonération.
Occasions soumises au malus
- Véhicules d'occasion importés, taxés à leur première immatriculation en France
- Véhicules transformés en voiture particulière après leur première immatriculation, par exemple un utilitaire aménagé
- Véhicules exonérés comme accessibles en fauteuil roulant qui perdent cet aménagement
- À partir du 1er janvier 2027 : véhicules immatriculés sans malus au titre d'une exonération, revendus à un acheteur qui n'y a pas droit
Aucun nouveau malus à la revente
- Toute voiture immatriculée pour la première fois, en France ou à l'étranger, avant le 1er janvier 2015
- Toute occasion dont le malus a déjà été payé à la 1ère immatriculation
- Véhicules 100 % électriques ou à hydrogène (Tesla, Renault ZOE, Hyundai Ioniq 5, etc.)
- Utilitaires non transformés, motos, et véhicules dont le malus a été remboursé à une famille nombreuse
Pour la plupart des acheteurs, ces règles n'ont aucun effet. Pour vérifier votre cas, le bon réflexe consiste à consulter votre certificat d'immatriculation : rubrique V.7 (taux de CO2 en g/km) et case G (masse en ordre de marche). Pour les nuances applicables à l'achat d'occasion, consultez aussi notre guide complet du malus voiture d'occasion.
3. Comment se calcule le malus sur une occasion concernée
Le dispositif suit une formule stricte. Le montant n'est jamais basé sur le barème 2026 (sauf pour les véhicules immatriculés pour la première fois cette année-là). Pour tous les autres, le barème applicable est celui de l'année de première immatriculation, avec une décote par tranches de mois selon l'ancienneté du véhicule.
Le coefficient de décote s'applique selon un barème par tranches de mois défini à l'article L. 421-7-2 du CIBS. Une BMW 320d mise en circulation en avril 2022 et importée en avril 2026 affiche 48 mois d'ancienneté : tranche 37 à 48 mois → 33 % de décote. La décote atteint 100 % à 181 mois (15 ans et 1 mois), un seuil qui ne jouera pas avant 2030 : une voiture immatriculée pour la première fois avant le 1er janvier 2015 ne paie déjà aucun malus (articles L. 421-60 et L. 421-73 du CIBS).
Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er mars 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), la grille de décote a été complètement refondue. Le cumul des malus reste plafonné à 80 000 € ; l'ancienne limite à 50 % de la valeur TTC a été abrogée en 2024.
| Ancienneté (mois) | Décote appliquée | Part restante du malus |
|---|---|---|
| 1 à 3 | 3 % | 97 % |
| 4 à 6 | 6 % | 94 % |
| 7 à 9 | 9 % | 91 % |
| 10 à 12 | 12 % | 88 % |
| 13 à 18 | 16 % | 84 % |
| 19 à 24 | 20 % | 80 % |
| 25 à 36 | 28 % | 72 % |
| 37 à 48 | 33 % | 67 % |
| 49 à 60 | 38 % | 62 % |
| 61 à 72 | 43 % | 57 % |
| 73 à 84 | 48 % | 52 % |
| 85 à 96 | 53 % | 47 % |
| 97 à 108 | 58 % | 42 % |
| 109 à 120 | 64 % | 36 % |
| 121 à 132 | 70 % | 30 % |
| 133 à 144 | 76 % | 24 % |
| 145 à 156 | 82 % | 18 % |
| 157 à 168 | 88 % | 12 % |
| 169 à 180 | 94 % | 6 % |
| 181 et plus | 100 % | 0 % (exonération) |
Pour la grille 2026 gramme par gramme et la méthode de calcul, voir le barème du malus écologique 2026.

4. Combien je vais payer ? 4 exemples chiffrés
Peugeot 308 essence 2020 : 130 g/km, 1 380 kg
Occasion française revendue entre particuliers. Le malus a déjà été acquitté lors de la 1ère immatriculation en 2020. La revente ne déclenche aucune nouvelle taxe écologique.
Total à payer : 0 € (hors carte grise classique).
BMW 320d 2022 : 139 g/km, 1 650 kg, importée en 2026
Référence : barème de l'année de 1ère immatriculation (2022), pas celui de 2026.
Décote : 48 mois écoulés (avril 2022 → avril 2026), tranche 37 à 48 mois = −33 % sur le malus initial.
Barème 2022 : 280 € de malus CO2 pour 139 g/km, et aucune taxe au poids, dont le seuil était alors de 1 800 kg. Après décote : 280 × 0,67 = 187,60 €.
Pour un calcul précis, consultez notre malus pour véhicule importé avec décote par âge.
Renault Espace immatriculé sans malus en avril 2024 avec la carte mobilité inclusion, revendu en février 2027
Revendu en 2026 à un acheteur qui n'a pas la carte mobilité inclusion, ce véhicule ne paie rien : la taxation à la revente n'entre en vigueur que le 1er janvier 2027. Revendu en février 2027, il est taxé à sa nouvelle immatriculation, au barème 2024 et sans l'exonération, avec la décote d'ancienneté : 34 mois entre avril 2024 et février 2027, tranche 25 à 36 mois = −28 %.
Exemple théorique : si le malus 2024 plein tarif atteignait 4 000 €, l'acheteur réglerait 2 880 € en 2027 (4 000 × 0,72).
Audi A6 TDI mise en circulation en Allemagne en mars 2014, importée en 2026
Quels que soient son taux de CO2 et sa masse, cette voiture ne paie aucun malus : la taxe CO2 et la taxe au poids sont nulles pour tout véhicule dont la première immatriculation, en France ou à l'étranger, est antérieure au 1er janvier 2015 (articles L. 421-60 et L. 421-73 du CIBS).
La même voiture mise en circulation en juin 2015 et importée en avril 2026 afficherait 130 mois d'ancienneté, soit la tranche 121 à 132 mois et 70 % de décote : il resterait 30 % du malus 2015 à payer.
Total à payer : 0 € de malus (hors carte grise classique).
À noter : un véhicule électrique d'occasion comme une Tesla Model S 2019 reste exonéré dans tous les cas, qu'il soit importé ou revendu en France. Pour chaque situation, vous pouvez calculer le malus pour votre voiture en quelques clics.
Le malus, vous savez. Le compteur, vous y croyez ?
Une occasion déjà immatriculée en France ne paie pas de malus. Un compteur reculé ou un accident maquillé, eux, se paient après l'achat, et longtemps. Quelques secondes avec le VIN suffisent pour savoir à quoi vous avez affaire.
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5. Qui paye : acheteur ou vendeur ?
La règle est limpide selon le code des impositions sur les biens et services (CIBS) : c'est toujours l'acheteur qui règle le malus, au moment de la demande d'immatriculation française. Le vendeur n'est jamais mis à contribution, sauf impact indirect sur la valeur de revente d'un véhicule concerné.
Cette disposition distingue clairement le malus des frais classiques de carte grise (taxe régionale, gestion). Pour le vendeur, la seule formalité est la déclaration de cession. Le paiement du malus s'intègre automatiquement au processus administratif côté acheteur.
En résumé : acheteur payeur, vendeur pas concerné. Impossible donc d'être poursuivi en tant qu'ancien propriétaire pour quelque montant que ce soit.
6. Exonérations et réductions applicables
De nombreux mécanismes permettent de réduire ou d'annuler le malus lors d'une transaction d'occasion. Ces dispositifs sont prévus par le CIBS.
- Carte Mobilité Inclusion (CMI) mention invalidité : exonération immédiate pour le titulaire ou son enfant à charge. Idem pour la carte d'invalidité militaire.
- Familles nombreuses (3 enfants à charge minimum) : abattement de 20 g/km de CO2 et 200 kg de masse par enfant, versé sous forme de remboursement après l'immatriculation. Détail dans notre article sur l'abattement famille nombreuse et procédure de remboursement.
- Famille d'accueil agréée (assistant familial) : même traitement avec agrément en cours de validité.
- Véhicules accessibles en fauteuil roulant : exonération sur justificatif technique.
- Superéthanol E85 : abattement de 40 % sur les émissions de CO2, si elles ne dépassent pas 250 g/km.
- Hybride rechargeable PHEV (autonomie WLTP ville > 50 km) : abattement de 200 kg sur la masse, dans la limite de 15 % de la masse en ordre de marche.
- Hybride non rechargeable : abattement de 100 kg sur la masse.
- Personnes morales achetant un véhicule de 8 places et plus : abattement de 90 g/km de CO2 en 2026 (95 g/km en 2027) et de 600 kg sur la masse.
Chaque dispositif a ses propres conditions. Pour l'inventaire complet, lisez notre article sur les méthodes légales pour éviter le malus.
7. Démarches administratives
Le paiement du malus s'effectue lors de la demande de certificat d'immatriculation sur France Titres (ex-ANTS) ou chez le concessionnaire. L'intégralité est versée en ligne, en même temps que les autres taxes (Y.3 sur la carte grise).
Pour chaque immatriculation, vérifiez la rubrique V.7 (CO2 en g/km) et la case G (masse en ordre de marche). En cas de doute, le service Car Labelling de l'ADEME permet de retrouver la valeur d'homologation officielle pour la plupart des véhicules.
Si une exonération n'a pas été appliquée à l'immatriculation (véhicule électrique, carte mobilité inclusion, véhicule accessible en fauteuil roulant), le remboursement se demande avec le formulaire n° 1712-SD, par la messagerie sécurisée d'impots.gouv.fr ou par courrier, avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit l'immatriculation. Les familles nombreuses disposent d'une procédure dédiée.
8. Démontage des rumeurs : ce qui est FAUX
Les réseaux sociaux regorgent d'affirmations virales sur le malus écologique appliqué à l'occasion. Voici les cinq plus répandues, démontées une à une à la lecture des lois de finances 2025 et 2026.
« Toute revente d'occasion sera taxée à partir de 2026. »
En 2026, la revente d'une occasion déjà immatriculée en France ne déclenche aucun malus, sauf transformation du véhicule. À partir de 2027, seuls les véhicules immatriculés sans malus au titre d'une exonération seront taxés à leur revente. Une voiture dont le malus a été payé ne le paie jamais une seconde fois.
« Mon occasion immatriculée en 2010 va être taxée. »
Toute voiture dont la première immatriculation, en France ou à l'étranger, est antérieure au 1er janvier 2015 a un malus nul (articles L. 421-60 et L. 421-73 du CIBS). Une voiture de 2010, 2012 ou 2014 ne paie rien, même importée.
« Le vendeur paiera le malus à la revente. »
Le malus est toujours réglé par l'acheteur, lors de la demande de carte grise. Le vendeur n'a aucune obligation financière à ce titre. Seule sa déclaration de cession est attendue.
« Le barème 2026 s'applique aux anciennes voitures. »
Pour les véhicules concernés, c'est le barème de l'année de 1ère immatriculation qui s'applique, pas celui de 2026. Une voiture de 2018 importée en 2026 utilisera la grille 2018, avec décote selon l'âge.
« Le malus rétroactif touche tout le monde. »
Une voiture dont le malus a été payé à sa première immatriculation ne le repaie jamais. Ce que l'on appelle « malus rétroactif » est une mesure étroite : à partir du 1er janvier 2027, elle vise les véhicules immatriculés sans malus, ou avec un malus nul, lorsqu'ils sont revendus à un acheteur qui n'a pas droit à l'exonération. Les familles nombreuses en sont exclues.
9. Impact réel sur le marché de l'occasion
La mesure de 2027 ne concerne qu'une petite partie du marché : les véhicules immatriculés sans malus au titre d'une exonération. Une occasion dont le malus a été payé à l'origine n'est touchée ni en 2026, ni après.
Le malus pèse surtout sur les modèles importés très émetteurs, haut de gamme allemand en tête : il se paie à l'arrivée en France, et l'acheteur l'intègre dans le prix qu'il est prêt à mettre.
Recommandations aux acheteurs : demander le certificat d'immatriculation d'origine, vérifier la date de première immatriculation, l'historique du malus et les éventuels justificatifs d'exonération. Aux vendeurs : consulter en amont le statut fiscal du véhicule (DGFiP ou service Car Labelling) avant de fixer le prix ou d'importer.
10. Foire aux questions
Non. En 2026, une voiture d'occasion déjà immatriculée en France ne paie pas de nouveau malus quand elle change de propriétaire, sauf si elle a été transformée en voiture particulière. Une occasion importée paie le malus à sa première immatriculation en France. À partir du 1er janvier 2027, un véhicule immatriculé sans malus au titre d'une exonération sera taxé lors de sa revente à un acheteur qui n'y a pas droit.
Regardez d'abord la date de première immatriculation, en France ou à l'étranger : avant le 1er janvier 2015, le malus est nul. Vérifiez ensuite l'historique du véhicule : importation, transformation d'un utilitaire en voiture particulière, immatriculation sans malus au titre d'une exonération. Le certificat d'immatriculation donne le taux de CO2 (rubrique V.7) et la masse en ordre de marche (case G).
C'est systématiquement l'acheteur qui règle le malus, lors de la demande de nouvelle carte grise. Le vendeur n'a aucune obligation financière à ce titre, hors impact sur le prix de revente si le véhicule est concerné par le dispositif.
Pas au sens où on l'entend. Une voiture dont le malus a été payé à sa première immatriculation n'est jamais taxée une seconde fois. Ce qu'on appelle « malus rétroactif » vise, à partir du 1er janvier 2027, les seuls véhicules immatriculés sans malus ou avec un malus nul, lorsqu'ils sont revendus à une personne qui n'a pas droit à l'exonération. Les familles nombreuses ne sont pas concernées.
Si une exonération n'a pas été appliquée à l'immatriculation (véhicule électrique, carte mobilité inclusion, véhicule accessible en fauteuil roulant), demandez le remboursement avec le formulaire n° 1712-SD, par la messagerie sécurisée d'impots.gouv.fr ou par courrier, au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit l'immatriculation. Joignez le certificat d'immatriculation et les justificatifs de votre situation.
En résumé
La réforme du malus écologique sur voiture d'occasion n'affecte en rien la majorité des véhicules échangés sur le marché français. En 2026, seules l'importation et la transformation d'un véhicule déclenchent un calcul, toujours selon le barème de l'année de première immatriculation. À partir de 2027 s'y ajoute la revente d'un véhicule immatriculé sans malus. L'acheteur est redevable du malus, jamais le vendeur. Avant tout achat ou cession, le réflexe est la vérification personnalisée et l'utilisation du simulateur pour lever tout doute.

